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Démesures- des mesures !  


« Et la jarre de farine ne s’épuisa pas,
 et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie. « 1 rois 17, 16 

Le récit de la veuve de Sarepta, lecture œcuménique du jour, résonne avec une force particulière dans notre monde actuel.  

Après la débauche de yachts, de bruits et de fêtes au Grand Prix de Monaco ce week-end ou encore les préparatifs qui nous paraissent démesurés pour la rencontre des « puissants » du G7, le rappel qu’une seule mesure de farine et d’huile suffit, peut faire sens ! 

Il est vrai que certains accumulent toujours plus et en parallèle, beaucoup vivent avec moins que nécessaire, jusqu’à l’épuisement. Les textes bibliques ne font pas l’impasse sur ce scandale. En 1Rois 17, une femme triplement marginale est mise en avant. Elle est pauvre, étrangère, veuve, autrement dit quelqu’un que la société rend presque invisible. 

Pourtant, c’est à partir d’elle que la bénédiction de Dieu se déploie. Il faut noter, avant d’aller plus loin, que notre récit ne glorifie en aucune manière la pauvreté ni la profonde difficulté de la situation exprimée. Il la nomme comme une détresse réelle.  

Reprenons…  

La veuve n’a presque plus rien et Elie lui demande de lui donner tout ce qui lui reste.  

C’est dérangeant, non ?  

Mais l’histoire va plus loin. Selon la promesse de Dieu qu’Elie transmet, chaque matin la veuve recevra la mesure de farine et d’huile dont elle a besoin, pour nourrir Elie, son fils et elle-même, jusqu’à ce que la pluie revienne pour la future récolte. Une seule mesure suffit pour chaque jour.

 Dans notre texte, la présence de Dieu ne se révèle pas à celles et ceux qui accumulent encore et encore, mais à celles et ceux qui n’ont plus de marge et qui osent le partage malgré tout.

La démesure, l’usage des biens que nous possédons sont ainsi pointés. La richesse n’est pas condamnée. Ce qui compte, c’est la façon dont nous l’utilisons.  Si nous nous en servons que pour en faire encore et encore plus, à notre seul profit dans une dynamique de prédation, cela ne correspond pas au projet divin. 

Dans ce texte, Dieu vient révéler qu’au cœur du manque, un autre ordre est possible, celui du partage, de la confiance et de la solidarité. La jarre qui ne se vide pas n’est pas une apologie du miracle spectaculaire. Elle est un signe que la vie peut être préservée quand on refuse de laisser la peur et l’avidité dicter nos gestes.

La démesure produit le plus souvent l’inverse de ce que Dieu veut pour l’humanité. Elle concentre, exclut, écrase.  

Le récit biblique, lui, fait entendre une autre logique. Il nous rappelle que la vraie bénédiction ne consiste pas à posséder toujours davantage, mais à permettre que chacun ait de quoi vivre. La « juste » mesure.  

La foi chrétienne n’ignore pas les réalités économiques. Elle les considère à partir de la dignité humaine.

La veuve de Sarepta devient ainsi une figure de résistance. Elle n’a rien, mais elle accepte de ne pas se replier sur la peur, la solitude, la tristesse. 

Son geste peut nous interpeller. Qu’est-ce que nous gardons jalousement, alors qu’un partage pourrait faire vivre, au sens propre comme au sens figuré, quelqu’un d’autre, d’autres ?  

Quelles réserves protégeons-nous, pendant que d’autres manquent du nécessaire ? 

La solidarité chrétienne n’est pas un supplément de gentillesse. Elle est une manière concrète de dire non à un monde où quelques-uns vivent dans l’excès tandis que beaucoup survivent à peine. Elle est une forme de justice. Elle est aussi une confession de foi. Nous croyons qu’il y a assez pour bien vivre, si les biens sont déployés dans une circulation vertueuse. Les exemples nombreux de l’impact positif des micro-crédits nous le rappellent. 

Peut-être que notre époque n’a pas d’abord besoin de plus de richesses, mais de plus de partage. Et peut-être que la bonne nouvelle de Sarepta est là, 

Quand on ose rompre avec la logique de la démesure, la vie peut encore tenir debout et déployer un avenir plus radieux pour le plus grand nombre, non ?  

Avec cinq pains et deux poissons, le Christ n’a-t-il pas nourri des foules ? 

C’est à un partage en toute simplicité et joie « un cœur qui bat avec Dieu », que vous êtes invités dimanche prochain dans le cadre du culte tous âges qui se déroulera à 10h30 à la ferme Chollet, en présence de l’équipe régionale du catéchisme enfance. Voir https://arve-et-lac.epg.ch/2026/06/03/culte-regional-tous-ages-de-cloture/

Ce mardi 9 juin à 18h, nous avons la réunion des liturges à la maison de paroisse pour programmer la tabelle de septembre à janvier. N’hésitez pas à donner vos disponibilités par mail si jamais. C’est ouvert à toute bonne volonté pour participer aux lectures bibliques ou aider à l’accueil, préparer l’après-culte… 

Et de 20h55 à 23h, vous avez la possibilité de vivre une veillée de prières avec des étudiants de la faculté de théologie de Genève, Patrick Deniaud et Vincent Gervais, au temple de Jussy.

Pour rappel, l’Assemblée Générale de notre paroisse se déroulera le dimanche 21 juin à l’issue du culte au temple de Jussy. Voir pièce jointe. 

Belle suite de semaine dans la force de sa présence. 

Vanessa Trüb, pasteure

 

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