Entre-deux
« Mon heure est venue »
Nous sommes dans ce temps de transition entre l’Ascension et Pentecôte. Dans cet espace suspendu où Jésus n’est plus visible comme avant et où l’Esprit n’est pas encore pleinement reconnu comme présence. Un entre-deux, fragile, peut-être inconfortable…
Le récit du jour en Jean 17, 1-11 est aussi un texte d’entre-deux. Il se situe à la charnière du dernier repas de Jésus et de l’heure de son arrestation. Il inaugure son deuxième « discours d’adieux ». Nous surprenons Jésus en prière. Non pas une prière formelle, distante, mais une parole adressée, vivante, tournée vers son Père.
Elle commence par cette phrase : « l’heure est venue ».
L’heure est cruciale. Elle nous rappelle, nous enseigne que la mort de Jésus n’est pas un accident tragique mais l’accomplissement de sa mission. La gloire du Christ ne fait pas l’impasse du tragique de la croix.
Jésus aurait pu fuir cette heure. Il ne la contourne pas, il l’accueille.
Nous aussi, nous avons des « heures cruciales » dans nos vies. Ces moments où quelque chose bascule, où l’on ne peut plus revenir en arrière, où il faut traverser, malgré tout, malgré nous.
Nous aurions tant souhaité éviter, retarder ou même contrôler. Cela n’a pas été le chemin.
Que fait Jésus en accueillant cette heure cruciale dans sa vie ?
Il se tourne vers Dieu.
Peut-être que Pentecôte commence là, en réalité. Non pas dans un événement spectaculaire, mais dans ce mouvement intérieur qui consiste à lever les yeux, à s’enraciner en Dieu, quand tout devient incertain. À s’ancrer comme on peut dans la confiance.
En Christ, il nous est rappelé que Dieu n’est pas distant. Il est engagé. Il est présent. Il est relation.
Ainsi, la foi n’est pas d’abord une performance spirituelle. C’est une relation vivante.
Dans notre monde saturé d’informations, cette parole résonne avec force. Ce qui fait vivre, c’est d’être en lien.
Puissions-nous cette semaine déployer la profondeur de ce lien dans cette conviction irréductible : nous sommes déjà confiés à Dieu.
Même dans nos doutes. Avec nos fragilités. Au creuset de nos « entre-deux ».
Cette réalité nouvelle à accueillir, nous voulons en témoigner lors de notre culte de Pentecôte, dimanche 24 mai à 10h au temple de Gy avec Cène. Nous ferons résonner ensemble Ezéchiel 37 et Actes 2.
Et pour s’y préparer, une célébration avec Écoute de la Parole, chant de Taizé et prières se déroulera ce même dimanche au temple de Jussy de 4h à 7h du matin, en partenariat avec des étudiants de la faculté de théologie. Le petit déjeuner vous est offert.
En amont, ce vendredi 22 mai, nous vous attendons de 14h30 à 16h30 sur le parking du centre horticole de Lullier pour la rencontre « prendre Souffle ». Avec Catherine Huber, cueilleuse-glâneuse, Luc-Eric Revilliod et moi-même. Nous allons vivre un temps de reliance à la Création, avec des impulsions spirituelles et découvrir les plantes comestibles. Sans inscription.
Merci de noter le concert Gospel Cham’s le vendredi 29 mai à 20h, au temple de Jussy au profit de la paroisse. Ce chœur mixte genevois est géré par Pascal Horecka, chef de chœur et chef d’orchestre de Gospel philharmonique de Lyon. Entrée libre, chapeau à la sortie. Voir pièce jointe.
Belle suite de semaine dans l’attente de son Souffle.
Vanessa Trüb, pasteure.

(Postfinance)